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Brésilien, des études aux Etats-Unis et une création d’entreprise en France, Gui Bulaty a un profil atypique ! J’ai voulu en savoir plus et comprendre pourquoi à contre-courant de la fuite des jeunes à l’étranger, il a décidé de créer Carnomise en France.

Pouvez-vous vous présenter ?

Bonjour, Je m’appelle Gui (Guilherme) Bulaty, j’ai 35 ans et je suis Brésilien. J’habite à Plaisir, en Île-de-France, et je suis entrepreneur dans la mobilité alternative. Je suis marié à une Française, nous avons une fille de 3 ans et une autre en route.

Depuis combien de temps habitez-vous en France ?

J’en suis à mon deuxième tour de France :) ! J’ai habité 5 ans en France de 1999 à 2004, et je suis de retour depuis 2010. Ces deux périodes ont été très différentes pour moi. De 1999 à 2004, j’étais jeune célibataire, et j’habitais Paris. Je découvrais pour la première fois un pays cosmopolite. Depuis 2010, je suis installé dans les Yvelines, et ma vie est très différente. Ici je profite de ma famille, de la nature et du savoir-vivre des français.

Quel est votre parcours international ?

Depuis mon départ du Brésil où j’ai vécu jusqu’à mes 21 ans, j’ai beaucoup voyagé entre l’Europe (la France en particulier) et les États-Unis. Dans ma jeunesse, j’ai rarement eu l’opportunité de voyager en dehors du Brésil et de côtoyer des étrangers. J’ai grandi sur l’Ile de Santa Catarina à Florianópolis, une petite ville au sud du pays. Là-bas, la qualité de vie est extraordinaire. Le climat est très agréable, il ne fait ni trop chaud ni trop froid, et il y a surtout 42 plages. L’ile a été colonisée par les immigrés de l’ile des Açores, ce qui donne un charme à son peuple et son architecture. Ce n’est pas le Brésil qu’on voit à la télé. Grandissant, je n’ai jamais dansé la samba et je jouais très mal au foot. Je considère avoir eu une enfance très privilégiée car la vie n’était franchement pas compliquée. Je jouissais d’une grande liberté dans cette petite ville où déjà à 7 ans je me baladais tout seul, libre et décomplexé. Pendant les vacances d’été, je passais mes journées à la plage et le reste de l’année je pratiquais beaucoup de sports comme l’escalade, la natation ou l’aviron. L’ile était un paradis dans les années 80, très loin des grands centres comme Sao Paulo et Rio de Janeiro, et méconnue même par les brésiliens. Je suis arrivé à Paris pour la première fois pour faire un stage de fin d’études. Naïf et inconscient, je ne savais pas trop à quoi m’attendre. J’ai eu un énorme choc culturel. Déjà la grandeur de la ville, puis le mélange des cultures et la vie urbaine dans des espaces plus restreints. Je me sentais oppressé par les petits espaces et il était très difficile de s’habituer au froid. Par contre je me suis toujours senti accepté, intégré par les Français. En tant qu’immigrant, je suis privilégié d’être brésilien, une nationalité qui suscite des réactions très positives en France. Je suis donc resté 5 ans en France et peu à peu, j’ai appris à vivre à Paris et à découvrir la culture française. J’avais également le rêve de reprendre des études aux États-Unis et découvrir ce pays. J’ai donc postulé pour un MBA et j’ai eu la chance d’être reçu à Wharton, une école de commerce très réputée à Philadelphie, sur la côte est. Ce fût une expérience très enrichissante. A Wharton, on vit dans une espèce de bulle avec beaucoup d’opportunités et où les choses se passent très vite. Il y a de nombreuses fêtes, de voyages et d’évènements pour mieux comprendre l’économie américaine et celles d’autres pays. L’école est elle-même une expérience internationale car 40% des élèves ne sont pas américains.

Embauché ensuite en tant que consultant à Los Angeles, j’ai découvert la côte ouest des États-Unis. La Californie est vraiment un endroit très spécial. J’ai compris pourquoi cet endroit génère autant d’innovations technologiques. Là-bas, on n’a pas peur d’être différent. Les Californiens sont très ouverts à d’autres cultures, et très ouverts à des différences d’opinion. Ils jugent rarement les comportements hors-norme.

Après quelques années en tant que consultant en stratégie, j’ai fondé ma propre entreprise. C’était en 2008 et j’ai eu l’idée de partager des voitures entre particuliers. Dans la ville de l’automobile, je voulais convaincre les gens de partager leurs voitures. Les américains me prenaient pour un fou ! La crise financière commençait à se propager aux États-Unis, difficile de renouveler nos visas dans ces conditions. Mon épouse et moi avons donc décidé de rentrer à Paris où j’ai continué à travailler dans l’autopartage et la location de voitures. Cela m’a donné une très bonne expérience, qui m’a préparé pour entreprendre à nouveau.

Quels sont les principaux avantages et inconvénients de la vie au Brésil et aux États-Unis ?

Le Brésil est un endroit magique avec de nombreuses opportunités professionnelles et un peuple très heureux. Les brésiliens aiment la vie et savent bien la vivre de façon équilibrée, ils sont aussi très attachés à la famille et au bien être personnel. Ce sont des gens très débrouillards, un instinct bien forgé à travers des siècles de galère économique. Pour aller de l’avant, je pense que les brésiliens pourraient d’avantage réfléchir sur le long terme, ce qui leur permettraient d’investir sur leurs besoins de base comme l’éducation et la santé sans attendre une contrepartie immédiate.

Les États-Unis sont la patrie de la liberté individuelle par excellence. C’est l’endroit au monde où on protège le plus la liberté des individus de tracer leur rêve et de travailler dur pour y arriver. Les américains ont un sens très pratique et réaliste sur l’économie et un grand respect pour la réussite professionnelle. Mais ils ont parfois une vision trop superficielle des inconvénients que cela peut générer.

Quel est votre regard sur la France et les français ?

La France est un pays merveilleux avec une vaste culture et une nature resplendissante. La mer, les montagnes, son architecture, sa gastronomie. Comment ne pas aimer la France ? Ce pays me fascine. C’est un pays attachant, avec une culture très proche de mon pays natal. Je partage beaucoup de valeurs avec les Français, mais en même temps je vois la France à partir d’un point de référence un peu décalé qui me permet d’apercevoir des choses uniques. J’ai l’impression qu’ici tout a déjà été réfléchi, tout est prêt. On se sent très bien dans les villes, les transports, les services de l’état. Il y a des milliers d’endroits à visiter, de nombreuses activités à pratiquer et une vaste gastronomie à découvrir ! C’est parce que j’aime la France, que parfois je suis déçu de voir qu’un pays avec une telle richesse peut rencontrer autant de difficultés avec les choix les plus évidents dans le monde actuel où les frontières disparaissent progressivement. On a du mal à faire évoluer l’opinion des gens, qui parfois pensent trop à ce que le monde était et pas assez à ce qu’on peut le faire devenir.

Qu’est-ce qui vous manque du Brésil ? Cela ne vous donne pas envie d’y retourner ?

Oui, beaucoup ! D’ailleurs on me pose souvent cette question. Le Brésil est et restera toujours dans mon cœur. Ce qui me manque avant tout du Brésil c’est ma famille. Ensuite la vie saine et équilibrée qu’on peut vivre là-bas avec peu de moyens. Et le soleil aussi, car je souffre du manque de lumière l’hiver en France. Mais au bout d’un moment, il faut choisir ce qu’on veut dans la vie, et je me sens bien ici. J’ai été très bien accueilli par ma belle-famille Française. Et cela se passe très bien, d’ailleurs je me suis associé avec mon beau-frère pour monter Carnomise. Quand on a le goût de l’aventure, on part sillonner le monde à la recherche de l’épanouissement et du bonheur. Après ces années de migration, j’ai découvert que le bonheur n’est pas un résultat des lieux qu’on visite, mais surtout la façon dont on réagit aux surprises de la vie. Les voyages ne font qu’accélérer ces expériences, le reste, c’est à nous de faire.

Ce qui explique le mieux ce sentiment est le livre L’Alchimiste, de Paulo Coelho. Je me sens un peu comme le personnage du livre, Santiago, qui part innocemment à travers le monde à la quête de son rêve. Après beaucoup de chemin, il finit par découvrir qu’il aurait pu trouver ce qu’il cherchait chez lui. J’ai malgré tout eu besoin de tous ces voyages pour le reconnaître.

Pourquoi avoir choisi de créer votre entreprise en France ?

Au départ, ce n’était pas un choix, mais un retour après une expérience entrepreneuriale aux USA mitigée. Mais j’ai découvert ensuite que j’ai eu beaucoup de chance d’être revenu. Je suis tombé là où il fallait malgré moi ! C’est ici où tout se joue sur la mobilité. L’économie en France ne va peut-être pas au mieux, les villes ont un problème d’espace et nous sommes confrontés à plusieurs impératifs environnementaux. Mais ce sont justement ces difficultés qui génèrent des opportunités pour investir dans les nouvelles idées afin de résoudre les impasses dans lesquels on se situe. C’est en France et en Europe que la mobilité de demain s’invente.

Qu’est-ce que Carnomise ?

Carnomise est une startup avec une idée très originale et utile pour vous permettre de voyager mieux et moins cher. Carnomise permet à des voyageurs d’éviter les coûts de parking à l’aéroport en louant leurs propres voitures à d’autres voyageurs qui en ont besoin. C’est un service très intéressant, qui peut vous faire gagner jusqu’à 250€ pour un voyage de deux semaines. Toutes les locations sont assurées tous risques. C’est aussi un service de l’économie durable, car il incite à la diminution du parc automobile en utilisant plus intelligemment les voitures existantes au lieu d’en produire de nouvelles pour la location. Carnomise a déjà des agences dans les aéroports d’Orly et de Beauvais.

Quand Carnomise sera accessible aux aéroports de province ?

Le plus rapidement possible ! Dès que nous aurons fini notre lancement pilote en Région Parisienne. Nous avons un modèle de développement très léger, qui permet l’extension de notre réseau d’agences à d’autres aéroports très facilement.

Comment peut-on vous aider ?

Deux choses très simples. En nous aidant à parler de Carnomise dans le sens le plus large possible, et en pensant à nous pour votre prochain voyage. Êtes-vous prêts à tenter l’expérience Carnomise pour votre prochain départ ? Pour en savoir plus sur Carnomise, visitez carnomise.com

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Sylvie 19/05/2014 20:47

Bonsoir, Il suffit de le contacter via le site Carnomise ou bien je peux lui transférer un message en me l'envoyant sur sylvie (@) lecoindesvoyageur (point) fr

Olivier 19/05/2014 20:41

Bonjour

Guilherme, a t-il une adresse courriel, pour que je puisse rentrer en contact avec lui?

Merci

Sylvie 20/10/2013 21:38

J'ai aussi apprécié son regard sur la France et sur le monde ! Et quelle bonne idée, le concept de Carnomise.

Jordane de MonBonPote 19/10/2013 21:28

Ba toujours pas, il paraît qu'il faut surveiller leur site !

Isa 19/10/2013 09:30

Son regard sur la France fait du bien car on a parfois un peu de mal à 'penser' notre pays avec une image positive en ce moment, et je suis bien d'accord sur le fait qu'aujourd'hui la France est frileuse face à la mondialisation ... et c'est bien dommage. Le reste du monde a tellement à nous apporter.

Sylvie 18/10/2013 20:46

J'aime beaucoup les réponses de Gui ! Et le concept de Carnomise est très ingénieux ! Bon week-end. Bises

Sylvie 18/10/2013 20:45

Merci Jordane :) ! Pas d'invit pour les GBA, et toi ?

Jordane de MonBonPote 18/10/2013 13:05

Ce Monsieur est un bel exemple de changement de vie ! Je lui tire mon chapeau, quitter un pays comme le sien et venir en France... respect !

Je lui souhaite de réussir et de garder le soleil de son coeur malgré la grisaille d'ici !

Merci de l'article Dame Sylvie ! ;)

On se voit à la cérémonie des GBA, t'as chopé ton invit d'ailleurs ou pas ?

Petitgris 18/10/2013 09:34

Quelle bonne idée de nous présenter le parcours d'un jeune ayant choisi de s'installer en France ! Bon, il n'y a pas que le charme de notre pays, l'Amour a aussi guidé son choix :D Son idée de location de voitures est excellente , longue vie et extension à son projet ! Bon vendredi Sylvie Bises

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