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Interview de Manue du blog OrganiKarT qui a une expérience de vie à l'étranger assez exceptionnelle  : 15 ans aux Etats-Unis, 3 ans au Danemark, 7 ans en Asie !

Bonjour, je m’appelle Manue et j’ai 41 ans. A 14 ans je suis partie aux États Unis avec ma famille du au travail de mon père. Après quelques années, ma famille est rentrée en France, et je suis restée aux states. J’ai obtenue 2 diplômes universitaires, un en art, et un en multimédia. Après 15 ans aux states et des voyages au Mexique, je suis rentrée en Europe, pour déménager au Danemark où j’ai habité pendant 3 ans. Je suis ensuite partie en Asie, et j’ai vécu 7 ans entre l’Inde et le Népal. J’ai donc passée plus de ma vie en dehors de mon pays natal, c'est-à-dire 26 ans. Je suis de retour en France depuis 1 ans. Je fais une petite pause pour savoir la suite. N’ayant pas d’enfants, j’ai une certaine liberté de mouvement, alors, on verra la suite quand elle viendra.

Quel a était ton déclic pour partir de la France ? Ado, j’ai juste suivie ma famille. Ensuite, mes décisions étaient prises aux gré des rencontres et des envies. J’ai suivi mes pieds et mon cœur, sans trop me poser de questions. Même si depuis gamine, je voulais voyager, franchement, je n’aurais jamais cru que la vie m’emmènerait où elle m’a déjà amenée !

Quelle langue parlais tu ? L’anglais. En fait j’ai parlée plus anglais dans ma vie que le français. Étant à l’étranger, c’est la langue internationale et c’est bien pratique de la parler couramment. Au Danemark j’ai appris assez de danois pour comprendre de quoi les gens parlaient. Les pays nordiques étant bien plus anglophones que le sud de l’Europe, l’anglais y est très pratique. Au Népal, je me suis mise au népalais et je comprenais de quoi les gens parlaient, ainsi que de pouvoir baragouiner des trucs de bases. Aimant les langues, ainsi que la peinture, j’ai appris l’alphabet devanagari pour inclure des mots dans mes peintures, ainsi que pour approfondir mes études des textes anciens de yoga et de philosophie.

Mes activités? J’ai travaillé comme cuisinière pendant des années aux states, ainsi que dans le système universitaire en tant qu’assistante de laboratoire. C’est l’art qui me motive, alors partout où je vais, je peins dès que j’ai un espace pour travailler. Dans chaque pays, j’ai peint les mythologies locales, un moyen de les étudier plus profondément. J’aime les rencontres et les bons repas entre amis. J’ai aussi passée beaucoup de temps dans le monde du tatouage, comme dans le magasin à Katmandou avec mon partenaire népalais. J’aime aussi beaucoup la musique, la technologie, lire, écrire et puis bien sûr prendre du bon temps en découvrant de nouveaux endroits. J’adore la nature et je suis une grande marcheuse. Outre les treks dans les montagnes, je marche partout où je vais, que ce soit en ville ou en campagne. La marche et un thé dans un boui boui local sont pour moi le meilleur moyen de sentir un endroit. A Katmandou, j’ai fait le guide pour des touristes, ce qui était toujours des moments de partage agréables.

Qu’est ce qui te manque de la France ? Pour être honnête rien ne me manque. Quand je suis quelque part, j’y suis, c’est tout. Le fromage et le vin ne m’ont jamais manqué, ni de ne pas parler ma langue natale, même si j’apprécie beaucoup le français. Je ne suis pas vraiment une nostalgique et je m’adapte où je suis quand j’y suis. Au Népal, c’est la stabilité politique ainsi qu’une certaine douceur occidentale qui me manquait parfois. L’instabilité politique peut devenir très fatigante et insécurisante à vivre. Et pour la douceur, j’avais parfois des envies d’un plat qui ne pique pas, ou un certain confort de vie, comme de l’eau chaude, de l’électricité ou du chauffage quand il fait froid l’hiver. Bien sûr, il y a les restaurants à touristes, certains très bons d’ailleurs, et je cuisinais chez moi, mais cette sensation de douceur, c’est plus à l’Europe que je l’associe. La stabilité politique ou bien le confort n’ont rien à voir avec la France, c’est juste le confort des pays qui ont atteint un certain niveau d'un point de vue matériel. Et puis, à la longue, on s’habitue où on est, sinon on s’en va. « Que faire ? » comme on dit au Népal.

Les avantages et inconvénients de chaque pays ? Aux states, j’ai beaucoup aimée le système universitaire. Je le trouve plus adapté au développement personnel de l’individu que le système relativement rigide de la France. Et puis j’aimais bien les coffee house avec un grand verre de café au lait. Au Danemark, j’ai bien aimé les hivers qui ne stoppaient pas du tout la vie. En Inde et au Népal, bien sûr le coup de la vie beaucoup moins cher est impressionnant ainsi que le dépaysement si total par rapport aux sociétés occidentales. Par contre, en tant que femme venant d’une culture relativement libérée pour la femme, il y a parfois des moments compliqués. Il vaut mieux apprendre à tenir sa place, si l’on ne veut pas faire trop de vagues.

Tu reverrais de vivre où ? Pour moi, ce n’est plus un où, mais plutôt un comment. Quel style et qualité de vie aimerais je avoir ? La réalité a déjà bien dépassé mes rêves, je suis maintenant plus dans la concrétisation de mes rêves. Il parait qu’avec le temps, on ne sait toujours pas vraiment ce que l’on veut, mais on est sûre de ce que l’on ne veut pas, et puis le voyage de longue durée a mis mes rêves à rudes épreuves. Il y a toujours les jolies cartes postales d’un passage rapide, et puis il y a une autre réalité de l’autre côté des cartes postales attrayantes, un côté que seul les années peuvent dévoiler. Alors je me pose un moment, je digère. Une chose certaine que le voyage m’a bien montré, c’est qu’il n’y a pas d’endroits parfaits, c’est à chacun de le créer son endroit idéal ! Ce qui est certain c’est que je continuerai à suivre mon cœur, sans trop oublier ma tête bien sûr ;)

Ton regard sur la France et les français ? Je ne pense pas qu’un pays peut être généralisé, ce serait trop facile. Un pays est fait d’une multitude de gens et de modes de vie différents. La France est un pays avec une longue histoire de voyageurs et de mélanges ce qui la rend complexe. C’est un pays moderne, qui offre beaucoup de possibilités. Donc, je vois la France comme tel, un pays moderne, avec ses questions de pays moderne, un pays comme un autre. Par moderne, je veux dire que toutes les facilités matérielles sont présentes, que l’on peut critiquer ouvertement les vieilles religions, et que les femmes ont certains droits. A travers les années d’expatriation, j’ai bien vu des stades auxquels passent beaucoup d’expats. Un des stades est un rejet total de son pays natal, ce qui parait être chose normale pour pouvoir mieux s’ouvrir à une nouvelle expérience culturelle. Mais en général, ce stade passe après quelques années, et ce rejet devient juste des choix de vie. Je ne pense pas qu’il soit très bon de totalement couper ses racines. On peut choisir de s’implanter autre part, mais nos racines sont une partie de nous, qu’on le veuille ou non, alors il vaut mieux au moins faire paix avec nos racines. Je trouve beaucoup de français assez râleurs, ils se plaignent beaucoup alors que la France est un pays avec des qualités que beaucoup d’autres pays aimeraient avoir, telle la liberté d’expression. Mais se plaindre, je trouve cela un peu partout aussi, même si on se plaint différemment selon sa culture. La France a une grande culture artistique, une grande diversité migratoire. C’est comme une image du monde que le métro de Paris nous offre. Cet été j’ai eu l’occasion de faire un tour du Périgord en Ardèche, et j’ai étais heureuse de re-découvrir une France aux beaux villages et campagnes extrêmement belles. C’est un pays intéressant d’Europe, un carrefour de culture entre l’Europe du nord et l’Europe du sud. Elle peut être assez cocorico, mais ce sentiment de nationalisme, c’est une question d’identité bien humaine, on la retrouve partout dans le monde. Dans le fond, je dirais que malgré ses problèmes, la France est un beau pays et les français sont des gens comme les autres. Y’en a des plus ou moins cons, comme partout.

Peut-on te suivre sur ton blog ? Oui. Je me suis un peu éparpillée sur des pages différentes mais vous pouvez me suivre sur Organikart qui a des liens sur d’autres blogs que j’ai ouvert à travers les années. Sur mes blogs, je partage ce que je fais, comme mes peintures, bijoux et photos. Les textes sont plus des réflexions personnelles que des guides de voyages. Merci Le Coin des Voyageurs et bon voyage à tous !

Commenter cet article

Sylvie 03/12/2013 21:27

Merci Manue. J'aime beaucoup ton témoignage lucide et sage.

Sylvie 03/12/2013 21:26

Merci :)

Sylvie 03/12/2013 21:25

Il faut de l'expérience et du temps pour apprécier les atouts de ce que l'on a quitté. Heureusement chaque pays a ses avantages et ses inconvénients.

Sylvie 03/12/2013 21:24

J'ai la même impression que toi. Manue a beaucoup de recul et de sagesse !

Sylvie 03/12/2013 21:22

La crise française apporte son lot de déprime et de plaintes. J'espère bien que les français retrouvent dynamisme, joie et accueil !

manue 28/11/2013 18:38

Merci Sylvie, cela m'a fait bien plaisir de répondre à tes questions.
Ce qui est parfait, c'est comme les bonheurs, je pense que ce sont des moments. Alors vive le voyage et le partage de bons moments, ou que l'on soit!

Lucile Jane 28/11/2013 10:18

Super interessant, merci pour le partage !

Cindy 27/11/2013 21:43

Evidemment il n'y a pas d'endroit parfait. Quand on part, et qu'on s'en rend compte, on devient beaucoup moins critique envers son pays d'origine, ce n'est pas une mauvaise chose. ^_^

fedora 27/11/2013 09:29

stabilité politique, chauffage, électricité... voilà un témoignage qui remet un peu les pendules à l'heure ! merci pour cette tranche de vie !

Nachine 27/11/2013 08:16

Un témoignage très intéressant, j'aime beaucoup sa phrase au début de l'entretien "j'ai suivi mes pieds et mon coeur"...c'est un avantage de voyager car cela porte un regard sur les différentes cultures du monde, il faut juste s'adapter à son environnement, un enrichissement de chaque instant.
En France notre plus grande erreur est de se plaindre à tout propos, notre patrimoine, notre peuple cosmopolite, notre liberté d'expression sont des richesses à préserver, tout cela ne doit pas tomber en désuétude car actuellement, un sentiment oppressant plane sur notre pays, trop de doutes et d'incertitudes face à l'avenir...Chaque pays recèle en lui des douleurs, il faut vivre avec sans appuyer là où ça fait mal...

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